Promotion allaitement maternel Suisse

Symposium Zurich            31 août 2017

Compétence transculturelle 

 

 
Améliorer les connaissances sur les différences culturelles et réduire les barrières, tel est également l’objectif d’un colloque interdisciplinaire qui avait eu lieu sous le titre « Compétence transculturelle ». Le programme, élaboré en coopération avec la Croix-Rouge suisse, était axé sur les aspects suivants :
  • Les bases de la compétence transculturelle
  • Communication sans barrières dans les soins obstétriques fournis aux migrantes allophones
  • Mise en pratique au quotidien professionnel
  • table ronde et possibilité de poser des questions aux intervenants et intervenantes

PDF programme


(Crédits reconnus: IBCLC: 2,5 CERPs E (317047K);  ESFFS: 2.5 logpoints; SSGO: 2 crédits formation continue essentielle; autres demandés)

 

Les interventions :

Les bases de la compétence transculturelle
Renate Bühlmann, Experte diplômée en soins / Experte en formation compétence transculturelle
Croix-Rouge suisse, Département santé et intégration

 

 
Cette introduction servait de base aux deux exposés suivants. Des faits et chiffres concernant la migration en Suisse étaient présentés et les aspects spécifiques à la migration qui influent sur la vie et la santé des familles immigrées étaient mis en lumière.

Un accent particulier était mis sur la compétence transculturelle. Ce concept, qui décrit la faculté d’interaction professionnelle dans un contexte de migration, procure un soutien aux spécialistes qui s’occupent de femmes et de familles issues de la migration.
 
L’aspect central de la compétence transculturelle est de discerner les besoins spécifiques de l’accouchée et de sa famille et d’en déduire les actions adaptées à la situation. L’exposé présentait les instruments d’évaluation transculturels. Afin d’en tirer profit dans le quotidien professionnel, une communication verbale est indispensable ; les avantages et les limitations de diverses possibilités qui existent sont brièvement évoqués.

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Une communication harmonieuse dans les soins obstétriques aux migrantes allophones – BRIDGE
Paola Origlia Ikhilor, Sage-femme MSc et chargée de cours, Haute école spécialisée bernoise



 
L’adaptation aux conditions de vie dans leur pays d’accueil est une source de stress supplémentaire pour les migrantes enceintes et leurs familles. Les taux élevés de morbidité et mortalité périnatales sont directement liés à l’accès restreint aux soins obstétriques et au manque de connaissances linguistiques. L’étude présentée ici a analysée les barrières linguistiques dans les soins obstétriques du point de vue des clientes, des professionnels de la santé et des interprètes communautaires.
Les données ont été recueillies au cours de plusieurs entretiens en groupes et individuels et évaluées au moyen d’une analyse thématique. Les entretiens avec les mères ont été menés en albanais et en tigrinya. Des protocoles d’entretiens menés par les sages-femmes lors des visites chez les accouchées et traduits par téléphone à l’aide d’interprètes ont été évalués de manière descriptive.
Dix mères, 22 professionnels de la santé et quatre interprètes ont répondu aux questions et 46 protocoles d’entretiens ont été analysés. Il en est ressorti que pour les mères allophones, l’orientation dans le système de santé complexe représente un défi de taille. Le manque de connaissances linguistiques les empêche souvent de trouver les offres appropriées et rend difficile d’établir une relation de confiance avec les spécialistes. Le fait de ne pas comprendre les informations a provoqué un désarroi ou même le sentiment d’être offensé personnellement. Si, en l’absence d’interprètes, les professionnels de la santé ont eu recours à la communication non verbale, il pouvait en résulter des malentendus ou une fausse appréciation du succès d’un traitement. Surtout dans les situations d’urgence, l’impossibilité de communiquer représentait un stress énorme pour toutes les personnes concernées. Les interprètes n’étaient pas toujours disponibles dans les régions rurales ou lors de soins ambulatoires. Pour de thèmes complexes ou touchant à des questions intimes, la traduction sur place était préférée à celle par téléphone ; cette dernière se prête surtout pour des informations succinctes et a contribué à améliorer la qualité de la prise en charge à domicile par les sages-femmes.

Les professionnels de la santé sont confrontés à de nombreuses contraintes qui les empêchent d’adresser de manière flexible les besoins des clientes et de transmettre les informations de manière adaptée. Par conséquent, la qualité des soins souffre et il n’est guère possible de poursuivre des objectifs visant la promotion de la santé, la prévention ou l’éducation. Dans les situations où la communication s’avère difficile et concernant les clientes vulnérables, des modèles de prise en charge plus flexibles sont donc à envisager. Une réflexion permanente sur le processus de soins et le développement des compétences transculturelles peuvent contribuer à prodiguer des soins adaptés à la situation et au contexte, tout en sensibilisant aux comportements discriminatoires. Pour prendre des décisions fondées et dans les cas de Shared Decision Making, l’aide d’interprètes est incontournable.

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BRIDGE BFH

L’aspect interculturel dans l’encouragement de l’interaction entre mère et enfant – de quoi ont besoin les spécialistes ?
Dr med. Fana Asefaw, Médecin-cheffe du Service ambulatoire de psychiatrie et psychothérapie des enfants et adolescents, Clienia Littenheid AG



 
Les bases d’une meilleure compréhension de certains thèmes liés à la grossesse et l’accouchement dans différentes cultures étaient présentées.

Les femmes sont habituées à être entourées par un grand nombre d’autres femmes qui les soutiennent, elles risquent donc de se sentir seules ici. Elles préfèrent accoucher par voie naturelle et sans intervention médicale, si possible à la maison, et disposer du temps nécessaire. Pourtant, l’accouchement à l’hôpital s’impose souvent du fait que beaucoup de ces femmes ont subi une excision, ce qui augmente le risque, et ne possèdent pas d’assurance complémentaire. On ne peut pas présupposer que le partenaire soit impliqué ; il faut agir avec doigté pour transmettre les informations. Il va de soi que le bébé sera allaité, et ce jusqu’à la naissance du prochain enfant.
 
En proposant des informations et des pistes de réflexion, l’exposé a contribué à ce que les femmes et les familles soient soutenues de manière optimale dans cet environnement qui leur est étranger et que les soins, tout en respectant les standards occidentaux, tiennent compte des différences culturelles.

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